Le sommeil, c'est sacré.
Et j'étais une grosse dormeuse. Une dormeuse profonde, qu'on ne réveille pas au petit matin avec un petit réveil de rien du tout mais plutôt avec un concert philharmonique de gongs de Fort
Boyard.
Ah, c'était bien. C'était chouette chez laurette.
Puis, il y a eu gros bidon et mal au dos, le duo de choc. Le tout saupoudré d'hormones bizarres. Et ça vous flanque un bon sommeil par terre.
La nuit démarre par un gros coup de barre. Il faut alors installer le polochon aux pieds pour la circulation sanguine des jambes, les deux oreillers l'un sur l'autre à la tête. Faire bien
attention que l'oreiller du dessus soit frais. Fermer les volets, les rideaux, aller faire le petit pissou du soir, et hop on s'installe.
Et on essaie de dormir. On tourne dans un sens, dans l'autre. On se retourne. L'oreiller se réchauffe. On se re-retourne.
Et là, il se peut qu'on commence doucement à couler vers le bon sommeil. Héhé. Arrive le Grosminet. Dans un lit à deux, c'est toujours le plus lourd le mieux installé. Donc Grosminet s'installe.
A base de tapements de jambes sur le matelas, de retournements, calages de têtes, bras, jambes, endormissement, ronflement.
Alors là, il faut recommencer à se caler correctement, car une dépression s'est formé sur la gauche du lit et qu'apparement se laisser choir doucement dessus en y mettant une jambe ou un bras
n'est pas une option. Le Grosminet réagit et peut même envoyer son oreiller balader très violemment.
Finalement, on arrive à pseudo-s'endormir. Pendant 4-5h. Et c'est là que surgissent les rêves. Genre être sur une plage à Deauville en maillot avec Antoine de Caune en moule-b*te rouge qui te dit
"Wouah, l'eau est trop bonne, ça fait trop du bien se s'y soulager". Ou devoir faire toutes les voitures d'un TGV pour ne trouver aucun toilette de libre ou de fonctionnel. De toute façon, tout
le monde sait qu'un toilette de TGV libre ou fonctionnel est à la distance la plus grande de ta place, escaliers inclus. Ou lire Calvin&Hobbes au bord des chutes du Niagara.
Alors on se retourne dans tous les sens pour trouver une position plus confortable, chercher un autre type de rêve. Je suis têtue, j'ai horreur de me lever la nuit. Mais au bout d'un moment, on
est obligé de capituler, de comprendre le message insidieusement caché dans ce type de rêve, qui revient tout le temps.
Eh oui, il faut se lever et aller aux toilettes. Ma grande obsession de l'efficacité se ramasse encore la tronche car malheureusement, je ne me suis pas levée pour vider 1,5l mais un rien du
tout. Un rien du tout qui m'empêchait de dormir.
Du coup, il faut recommencer l'opération calage/réendormissement. Sauf que dans un lit à 3 personnes, le plus petit être est toujours prioritaire. Et comme il est passé du stade horizontal à
vertical puis horizontal avec un chouïa plus de place, il faut aussi que, lui, se recale. Et à 6 mois de maturation, ce n'est pas hyper vite opérationnel, hein. Donc la séance de
trampoline-inside peut durer un certain temps, surtout quand la position maternelle n'est pas approuvée.
Finalement, bien plus tard, le sommeil vient. Le bon sommeil, le lourd, le confortable, celui qui fait baver sur l'oreiller. Ah, dormir.
Et entendre ce p*tain de réveil, grrr ...


Vous en parlez ..