- Alors Titi, ça te fait quoi d'apprendre que t'es virée à la fin du mois ?
- Euh ben, à vrai dire, ça fait bizarre. Pis rien n'est sûr. C'est étrange. Je ne m'y attendais pas mais d'un côté, ça ne m'étonne pas. Ca fait longtemps que je n'ai plus d'illusions sur la
gratitude dans le monde du travail.
- Est-ce pour ça que tu as supprimé la moitié des tes articles parlant du boulot ?
- En partie. Parce que comme je le disais l'autre jour, je deviens paranoïaque sur ce sujet. Qu'aujourd'hui j'ai vu une requête Gogole demandant des cours du logiciel que j'utilise, sachant qu'on
est qu'une cinquantaine à l'utiliser en France. Evidemment je m'excuse pour les commentateurs de certains articles qui ont sauté, commentaires inclus.
- Penses-tu que ce soit la raison pour laquelle tu sois dégagée ?
- Non, ce n'est pas du tout la raison. Je le sais bien. La vraie raison me soûle. Les moeurs n'évoluent pas. Le machisme se perpétue, surtout le machisme féminin, mais j'en avais déjà parlé, et
j'en reparlerais, quand je serais partie. Parce que pour le moment je n'ai que des mots appréciés des requêteurs Gogole à l'instar de Craintdegun dont sa requête préférée pour pourrir mes stats
c'est "p*te p*rtouze m*ntsouris" ...
- Ne devrais-tu pas te réjouir d'avoir 4 mois devant toi à glander, tout frais payés ?
- Tout frais, non, je vais perdre les indemnités kilométriques du coup. 200€ de moins par mois, ça fait un trou dans le budget ! Oui, sinon, je pourrais me réjouir, j'aurais le temps d'aller au
ciné entre midi et deux, faire du shopping avec des sous que je n'ai pas, perfectionner ma technique de dessin sur les poissons-carottes, apprendre des trucs, tricoter, etc ...
- Que penses-tu de la façon hasardeuse dont tu as appris cette séparation ?
- Ca me fait penser à un film que j'ai vu récemment "Le placard". Il y a toujours des sources d'information à ne pas négliger. J'attends la confirmation, je n'ai que ça à faire aujourd'hui.
- N'étais-tu pas indispensable dans ce poste ?
- Non, j'ai toujours proné la non-indispensabilité dans le travail. C'est d'ailleurs certainement ce qui me fait perdre ma place aujourd'hui. Et pourtant, je ne changerai pas ma manière de voir
d'un iota pour ça. L'autre jour, un collègue me disait qu'il était indispensable. Cela m'avait fait beaucoup rire dans la mesure où je sais que certains se croient indispensables et c'est faux.
Et je sais aussi que certains chefs croient que leurs employés sont indispensables. J'ai toujours essayé de montrer que je ne l'étais pas. J'ai toujours prôné la flexibilité de la main d'oeuvre.
Dans un sens, je suis fière de ce qui arrive. On me vire et on garde le schtroumpf. C'est que j'ai mené à bien ma mission de le former, de le rendre agréable à bosser avec lui, et de le rendre
compétent et opérationnel.
- Et le schtroumpf n'est pas dégoûté d'être gardé ?
- Grave. Et ça, c'est le pied.


Vous en parlez ..